Vente en ligne
Le client commande et paie seul, il est livré. Le gisement inexploité.
Étude de cas · Aÿ, Grand Cru
Récoltant-manipulant à Aÿ, en Grand Cru, huit parcelles, une maison qui produit depuis 1847. Le domaine vendait de quatre façons différentes et ne savait, à aucun instant, combien de bouteilles il lui restait.

Aliaume Michel reprend l'exploitation familiale. La marque a été modernisée, les cuvées sont en cave, la demande existe. Elle ne se convertit pas.
Le site en place, réalisé dans l'urgence sur une plateforme gratuite, présente le domaine sans permettre d'acheter. Le devis initial évalue la perte à 2 500 € par mois, soit 30 000 € par an, principalement sur une clientèle de particuliers rencontrée au restaurant ou chez un caviste, qui souhaite commander ensuite.

Deux difficultés structurelles se superposent à cette perte.
Le stock n'a pas de référence unique. Ce que la cave enregistre, le site l'ignore. Des clients ont commandé des cuvées épuisées, avec le remboursement et l'excuse que cela suppose.
L'exploitation ne peut pas modifier son propre site. Un prix, une photographie, une nouvelle cuvée : chaque changement suppose de solliciter un prestataire et d'attendre.
2. L'enjeu réel n'était pas le site
Chacun était tenu séparément.
Le client commande et paie seul, il est livré. Le gisement inexploité.
Encaissement sur place, à la dégustation. Le flux historique.
Devis établi devant le couple, paiement différé. Le deuxième volume après la vente directe.
Prix négocié, facture, règlement par virement. La relation de fond.
Quatre canaux tenus dans quatre endroits produisent quatre inventaires, donc aucun. C'est la cause première des commandes sur cuvées épuisées, et la raison pour laquelle la vente en ligne ne pouvait pas être ouverte sans risque.
Le projet a donc été défini comme une unification, non comme une refonte de site. La construction d'une boutique en était la conséquence, pas l'objet.
Une seule plateforme reçoit les quatre canaux : même liste de commandes, même stock, mêmes fiches clients.
Vente en ligne. Boutique sur mesure, paiement sécurisé, quatre langues (français, anglais, allemand, espagnol), gestion des marchés pour l'export. Le récit du domaine précède les cuvées : au-delà de 35 € la bouteille, la décision d'achat se prend sur l'histoire avant de se prendre sur la fiche technique.

Vente au caveau. Encaissement depuis l'application mobile, sur le matériel déjà présent au domaine. Le stock diminue à l'instant de la vente et la transaction rejoint la même liste que les commandes du site.

Mariages et réceptions. Le panier se compose devant le couple, puis part en devis plutôt qu'en encaissement. Le devis est ajusté au bureau, la facture est envoyée, le règlement intervient quand le client le décide. Devis, facture et paiement restent dans le même dossier : il n'y a pas de second système à tenir.
Cavistes et restaurateurs. Commande établie ligne à ligne au tarif négocié, facture envoyée, règlement par carte ou par virement. Une commande récurrente se duplique au lieu d'être ressaisie.

Une bouteille vendue au caveau cesse, dans la seconde, d'être vendable en ligne.
La valeur d'un projet de ce type se juge moins à ce qui a été construit qu'à ce qui a été écarté.
Le domaine gère sa production sous Vitisoft, applicatif installé sur un poste, sans interface de programmation moderne. L'échange passe par dépôt de fichiers sur un serveur : les stocks descendent vers la boutique, les commandes remontent vers la comptabilité.
Le procédé est daté. Il a été retenu parce qu'il fonctionne, et vérifié auprès de l'éditeur avant d'être inscrit au devis plutôt qu'après.
La plateforme propose un portail dédié aux clients professionnels, avec tarifs publiés et comptes société. Il n'a pas été retenu.
Il suppose un abonnement supérieur, un second catalogue et des fiches société à tenir à jour, pour répondre à un besoin que personne n'a exprimé : les cavistes et les restaurateurs de la maison commandent par téléphone et par courriel. La commande établie manuellement produit le même résultat commercial sans administration supplémentaire.
Cet arbitrage sera réexaminé le jour où la même commande sera ressaisie chaque mois pour plusieurs clients. Pas avant.
Le domaine a demandé trois marchés : France, Allemagne, Italie. Les tarifs et les zones sont paramétrés. Ils n'ont pas été activés.
Ouvrir ces deux zones n'est pas un acte technique : c'est le moment où l'exploitation contracte des obligations fiscales dans deux pays étrangers, en matière d'accises comme de taxe sur la valeur ajoutée à distance.
L'activation prend une seconde. La décision appartient à l'exploitant. Notre travail consistait à la rendre lisible, avec ses conséquences chiffrées, et non à la prendre à sa place.
Depuis décembre 2023, un vin commercialisé en ligne dans l'Union doit présenter sa liste d'ingrédients, sa déclaration nutritionnelle et ses allergènes avant la conclusion de l'achat.
L'audit de notre propre livrable a établi que la boutique ne le faisait pas. Le dispositif a été construit, traduit dans quatre langues, avec un calcul nutritionnel conforme à l'article 31(4) du règlement 1169/2011, qui autorise l'estimation à partir de données généralement admises.
Il n'est pas publié. Deux informations ne relèvent d'aucun calcul :
Reprendre la formulation d'une autre maison aurait été indétectable. Ce serait une déclaration alimentaire inexacte, engageant le nom de l'exploitant. Un allergène non déclaré ne constitue pas une irrégularité administrative : c'est un risque pour le consommateur. Un verrou technique interdit la publication tant que les valeurs réelles ne sont pas renseignées.
Une photographie des cinq contre-étiquettes lève le blocage.
Le projet a été livré sans contrat de maintenance. Le domaine est propriétaire de l'ensemble : boutique, thème, nom de domaine, contenus.
Trois niveaux d'autonomie ont été mis en place, du plus courant au plus avancé.
L'interface d'administration. Textes, prix, photographies, traductions, nouvelles cuvées, articles : modifiables directement, sans intermédiaire. Un manuel dédié couvre les gestes fréquents. Un garde-fou complète le dispositif : si le domaine a modifié le site de son côté, la mise en ligne d'une évolution technique s'interrompt au lieu d'écraser son travail.
L'assistant intégré à la plateforme. Il connaît la boutique et localise les réglages. Premier recours lorsqu'une commande a changé de place.
Un assistant connecté à la boutique. C'est l'objectif de terme et la véritable mesure de l'indépendance. La boutique peut être pilotée par un agent conversationnel raccordé directement à elle : la demande se formule en français, la modification est exécutée. Ce mode couvre ce qu'aucun manuel ne couvrira jamais, et il ne dépend d'aucun prestataire.

Cette dernière capacité mérite d'être comprise pour ce qu'elle est. Elle ne remplace pas l'administration, elle la double. Un exploitant qui sait décrire ce qu'il veut n'a plus besoin de savoir où se trouve le réglage, ni d'attendre que quelqu'un le trouve pour lui.


La boutique est en ligne et opère les quatre canaux. Les mentions obligatoires sont construites et attendent deux données de l'exploitation. Les marchés allemand et italien attendent une décision qui lui revient.
Le chiffre de 2 500 € par mois décrit la situation initiale. Ce n'est pas un résultat mesuré : la boutique est trop récente pour qu'un bilan ait un sens. Il sera publié lorsqu'il existera.
Trente minutes, sans engagement, pour examiner ce que vous vendez en direct aujourd'hui et ce que cela pourrait représenter.